Phrase Amorce Dissertation Meaning

L'introduction

Rédiger une introduction de dissertation

La méthode d’introduction proposée ici n’est qu’une méthode parmi d’autres possibles. Cependant, quelle qu’en soit la forme, l’introduction comprend toujours l’annonce du sujet, son analyse succincte, la formulation d’une problématique et l’annonce d’un plan.

La fonction générale de l’introduction est de susciter la curiosité du lecteur, d’attirer son attention. Pensez toujours que c’est la partie la plus importante du devoir ; sa longueur doit être d’une demi-page environ, pour un devoir de quatre à huit pages que vous devez être capable de produire en quatre heures. Vous devez d’abord l’écrire au brouillon, pour la recopier lorsqu’elle vous semble réussie.

L’amorce d’un devoir

C’est la toute première partie du devoir, l’introduction à l’introduction. L’amorce doit toujours susciter l’intérêt du lecteur : imaginez qu’elle doit toujours distinguer votre copie de celles de tous les autres candidats. Pour cette raison, vous devez absolument bannir les formules toutes faites, qui pourraient introduire n’importe quel devoir.

Les formules toutes faites les plus courantes sont : « de tout temps, l’homme s’est posé la question : (énoncé du sujet) », « depuis la nuit des temps », « depuis toujours », « depuis que l’homme est homme », « l’homme a toujours pensé que », etc. En règle générale, les clichés parlent de l’homme, souvent avec une majuscule injustifiée.

La méthode que nous vous proposons pour éviter ce type de fausse introduction consiste à partir non pas d’une proposition très générale qui se présente comme une vérité, mais d’un point très particulier à partir duquel il faudra généraliser. Voici quelques manières de donner à votre devoir de l’intérêt et de la personnalité.

La citation

Cette méthode suppose bien entendu que vous disposiez d’une citation en rapport avec le sujet. Inventer une fausse citation est un pari risqué ; vous avez neuf chances sur dix d’être démasqué, et vous paierez le prix fort de votre malhonnêteté. La citation peut être directement mise en tête du devoir ou elle-même introduite.

L’introduction d’un devoir sur le sujet « Tout savoir est-il pouvoir ? » peut commencer par : « “Science is power”, disait l’auteur du Novum organum, Bacon, le grand restaurateur des sciences » ; ou encore : « Le grand projet de Descartes, sur le point d’établir les fondements de la science, était de nous rendre “maîtres et possesseurs de la nature”. »

Personne n’est contraint de connaître une citation ; on ne vous reprochera pas de n’en mettre aucune en tête de votre devoir. Néanmoins, il sera bien entendu un peu valorisé si vous savez l’y placer avec pertinence.

L’anecdote

Il ne doit en aucun cas s’agir de quelque chose qui vous est arrivé, même si c’est tout à fait exceptionnel et digne d’être relaté. Vous devez présenter l’anecdote comme une observation à valeur universelle, qui peut se rapporter au sujet, même si vous la puisez dans votre expérience personnelle.

Sur le sujet « Qu’est-ce qui, selon vous, peut le mieux unir les hommes : la raison, l’intérêt ou le sentiment ? », vous pouvez commencer de la façon suivante : « On observe parfois dans la vie courante des phénomènes de communication immédiate, irréfléchie, de sentiments comme la peur, la haine, le dégoût, l’enthousiasme, qui se propagent dans une foule ou se transmettent d’un individu à un autre. »

L’anecdote peut ne se rattacher que par un lien assez lâche au sujet : n’oubliez pas qu’elle n’en exprime alors qu’un aspect particulier et que vous devrez ensuite élargir le champ de votre propos.

Le mythe

Les récits de la mythologie forment souvent d’excellentes introductions à un devoir ; pensez également aux mythes, paraboles, comparaisons des dialogues de Platon. Sachez que la parabole de la caverne revient très fréquemment dans les devoirs ; mieux vaut donc l’éviter, à moins qu’elle s’impose tout particulièrement ou à moins de la présenter de manière originale.

Vous pouvez raconter le mythe intégralement, surtout s’il n’est que peu connu, ou vous contenter d’y faire allusion, s’il est très connu. Dans le doute, racontez-le intégralement. Si vous devez le rapporter in extenso, tâchez d’être le plus bref possible.

Sur le sujet « La philosophie est-elle dangereuse ? », vous pouvez amorcer l’introduction de la manière suivante : « Les cigales, raconte Platon dans le Phèdre, sont d’anciens hommes qui chantaient infatigablement du matin au soir, perdant le boire et le manger ; comme ils mouraient de chanter, les muses eurent pitié d’eux, et les changèrent en cigales, pour qu’ils puissent chanter toujours sans en mourir. À l’image des cigales, et par respect pour les hommes qu’elles furent, conclut Platon, le philosophe doit négliger les soins du corps pour se consacrer sans faillir à la recherche de la vérité. »

La difficulté est de savoir rattacher le mythe à un sujet : cela nécessite d’être en mesure d’en donner une interprétation. Vous ne saurez faire cela qu’après vous être exercé(e) à relier chaque mythe que vous connaissez à un maximum de sujets dans une liste donnée.

L’œuvre littéraire

L’ensemble des ouvrages que vous avez pu lire, dans le cadre scolaire ou par vous-même, peut fournir d’excellentes amorces d’introduction. Évitez tout ce qui ne peut faire figure d’ouvrage classique, comme des romans policiers, fantastiques (hors grands écrivains reconnus comme tels), etc. S’y référer est un pari risqué en effet ; ce n’est pas que tous les professeurs de philosophie condamnent cette culture, mais il se peut que votre correcteur soit l’un de ceux qui la condamnent. Puiser dans les classiques, c’est choisir une voie sûre, pas une voie obligée.

Connaissances d’un autre domaine (biologie, mathématiques, physique, histoire, langues…)

La philosophie, vous l’aurez remarqué, est une discipline universelle, qui a des prétentions sur tous les domaines de la connaissance. Faire appel à un savoir personnel dans la discipline concernée par le sujet que vous avez à traiter est souvent un excellent moyen d’introduire un devoir.

Un sujet sur l’histoire peut être introduit par une anecdote ou un grand fait historique qui l’illustre particulièrement bien selon vous ; un sujet sur les mathématiques peut commencer par l’énoncé d’un théorème ou une (courte) démonstration sous forme de phrases ; un sujet sur la physique, par une loi et son interprétation, ou un fait de l’histoire des sciences ; un sujet sur le langage, par une connaissance en langue, vivante ou morte, de préférence originale ou rare.

Amener le sujet

Puisque l’amorce n’est qu’une illustration du sujet, il faut préciser son rapport au sujet ; puisqu’elle ne concerne qu’un aspect particulier du sujet, il faut l’amener dans toute sa généralité. Une transition entre l’amorce de l’introduction et l’intitulé du sujet est donc nécessaire. La transition dépend de la nature de l’amorce.

À partir d’une citation

S’il s’agit d’une citation un peu lointaine par rapport au sujet, précisez le problème. S’il s’agit d’une citation qui concerne précisément le sujet, remettez-la en question, si elle n’illustre qu’une thèse possible du problème ; s’il s’agit d’une citation qui pose le problème ou le sujet précisément, vous pouvez vous dispenser de transition et passer directement à la troisième étape de l’introduction.

Pour le sujet « La croyance religieuse dispense-t-elle de savoir ? », voici ce que donnerait le début d’une introduction possible : « Le Nouveau Testament répète des formules du type : “heureux les pauvres d’esprit, car le royaume des cieux est à eux”, ou encore “Dieu n’a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ?” [Fin de l’amorce du devoir.] Cependant, la religion chrétienne a aussi pu développer avec rigueur une véritable foi scientifique, dont le savoir est établi par la théologie. Qu’en est-il des rapports de la foi et du savoir ? [Fin de la transition : ici, transition par contradiction d’une thèse énoncée, ce qui généralise le débat et amène la question.] La croyance religieuse dispense-t-elle de savoir ? [Fin de la première partie de l’introduction.] »

À partir d’une anecdote ou d’une connaissance d’un autre domaine

La transition consiste en ce cas à généraliser le problème, en montrant qu’une véritable compréhension du fait exposé dans l’amorce dépend de la compréhension du problème posé par le sujet.

À partir d’un mythe ou d’une œuvre littéraire

La transition est une interprétation du récit de l’amorce, qui mène par réflexion au problème posé par le sujet.

Fin de la première partie de l’introduction

Au terme de ces deux étapes, vous pouvez recopier tel quel le libellé du sujet. Les deux premières étapes ont servi à l’introduire et à attacher de l’intérêt au problème qu’il pose ; l’amorce et la transition permettent de comprendre dans quelle mesure le sujet nous concerne, à quel point il nous plairait de voir résoudre le problème qu’il pose.

Analyse des termes du sujet

La deuxième étape de l’introduction consiste à aboutir à une problématique. Tous les éléments ont déjà été mis au jour. Il s’agit seulement d’organiser les résultats de l’analyse du sujet (voir séquence 1, deuxième partie), et de les exposer.

Définir ?

Un problème particulier se pose : faut-il définir les termes du sujet ? D’un côté, en effet, il faut savoir de quoi l’on parle exactement ; de l’autre, comment savoir dès le début du devoir ce que signifie une notion que l’on va précisément analyser au cours du devoir ?

Les définitions que l’on donne au début d’un devoir ont pour seule fonction de préciser un peu le sens des mots tel qu’on l’entend couramment et d’écarter des significations communes qui n’intéressent pas le sujet. Elles ne constituent pas un acquis définitif, mais un point de départ. Il vous faut donc proposer une définition de chacun des termes importants du sujet afin de délimiter le champ de votre réflexion ; mais personne ne sera surpris si, à la fin de votre travail, votre définition initiale apparaît incomplète. Le dire en conclusion vous aiderait même à mettre en relief la progression de votre devoir.

Formulation de la problématique

De l’analyse des termes du sujet doit découler la problématique, c’est-à-dire l’interprétation que vous donnez du sujet à la lumière de votre analyse. La problématique a été élaborée au cours de la séquence 3 ; vous n’avez ici encore qu’à recueillir les fruits de votre travail.

À titre d’illustration, voici à quoi peut ressembler l’analyse d’un sujet dans une introduction telle qu’elle aboutit à la formulation d’une problématique. Pour le sujet « La politique est-elle une technique ? », on peut proposer l’analyse suivante, à la suite de l’énoncé du sujet : « La technique est une pratique reposant sur le savoir, qui distingue l’homme compétent de l’ignorant. Puisque la politique est l’organisation la plus générale de la vie des hommes en communauté selon un certain mode d’exercice du pouvoir, la question est de savoir si tous les hommes disposent d’une certaine compétence en ce qui concerne l’organisation collective la plus générale de leur propre vie, ou s’il est au contraire réservé à certains savants du pouvoir de diriger les affaires d’un État. »

Au terme de la deuxième étape de votre introduction, le sujet est analysé et problématisé : vous savez désormais à quelle question vous allez chercher à répondre.

Annonce du plan

Reste à indiquer sommairement la façon dont vous allez procéder pour répondre. L’annonce du plan est un art réputé difficile : comment annoncer les grandes directions de votre recherche sans pour autant dévoiler le contenu de votre devoir ? La bonne annonce de plan ne doit en dire ni trop ni pas assez.

L’annonce d’un plan par thèses est relativement aisé, dans la mesure où il ne dévoile pas votre position.

Pour le sujet « La guerre est-elle absurde ? », voici ce que pourrait donner une annonce de plan par thèses : « Certes, une tuerie systématique qui engendre d’elle-même la haine qui la nourrit en retour n’a pas plus de sens qu’une humanité qui se détruit d’elle-même ; en revanche, lorsque les belligérants font abstraction de la réalité de la guerre, pour fixer leur attention sur le but qu’elle leur semble seule permettre, la guerre n’a rien d’absurde. Ne faut-il pas, à la lumière du rapport entre le moyen et la fin, reconsidérer le sens et le non-sens de la guerre, soit en distinguant les guerres absurdes de celles qui ne le sont pas, soit en faisant des époques les plus sombres de l’histoire humaine le délai de maturation hélas nécessaire à l’éclosion d’un monde meilleur ? »

L’annonce d’un plan par étapes dévoile le cheminement général de votre réflexion et l’imbrication réciproque de problématiques secondaires (voir séquence 4).

Pour le sujet « Ne peut-on juger que selon le bien et le mal ? », voici une annonce de plan par étapes possible : « La question qui se pose dans un premier temps est celle de la nature du bien et du mal : est-ce parce qu’il y a un bien en soi et un mal en soi que nous devons pratiquer l’un et nous abstenir de l’autre, ou est-ce parce que nous encourageons certains actes et condamnons d’autres que nous les qualifions de bien ou de mal ? À la lumière de l’un ou de l’autre principe, on peut se poser la question du jugement moral : est-il fondé en soi ou dépend-il des usages et des civilisations ? Enfin, selon la nécessité du principe de bien et de mal, ou sa contingence, il s’agit de savoir si un jugement de valeur qui userait d’autres concepts est possible ou s’il ne faut pas toujours finalement en revenir à une telle distinction. »

Vous noterez que le plan annoncé dans une introduction n’est pas nécessairement calqué sur la problématique (voir séquence 4). Cependant, lorsque le plan découle exactement de la problématique, vous pouvez vous dispenser de le formuler.

En ce qui concerne le sujet « La politique est-elle une technique ? », pris plus haut en exemple, aucune annonce de plan n’est nécessaire si vous suivez un plan par thèses. En revanche, aucune troisième partie n’y est annoncée. Si vous en envisagez une, il faut ajouter une phrase du type : « Mais peut-il seulement exister un tel savoir dans le domaine de la politique ou ne doit-on pas, au contraire, l’envisager comme un idéal auquel il faudrait renoncer, dans la mesure où il est dangereux d’y prétendre, pour se rabattre sur un pis-aller peu satisfaisant, mais qui nous épargne le pire ? »

Cherchez toujours à rendre bien évidentes les différentes parties que vous annoncez.

Conclure l’introduction

Au terme de l’annonce du plan, votre introduction est terminée. Vous pouvez cependant la conclure en rappelant par une simple allusion, sans s’y étendre, votre amorce : cela permet de rappeler le lecteur à l’intérêt du sujet, d’une part, et d’introduire votre développement, d’autre part. Pratiquez quoi qu’il en soit un tel rappel de votre amorce si vous la trouvez brillante ou particulièrement judicieuse.

La dissertation (appelée composition à l'épreuve d'histoire du baccalauréat en France) est un exercice d'argumentation organisée, généralement et idéalement, en trois parties (une introduction, un développement et une conclusion) d'après une problématique. Elle ne désigne pas le même exercice en France que dans le monde anglo-saxon, au sein duquel celle-ci désigne exclusivement une thèseuniversitaire. Une autre particularité de la dissertation française est de poser des définitions, de partir de la théorie pour en venir ensuite au réel. Dans le monde anglo-saxon au contraire, il s'agit plutôt de partir du réel pour éventuellement théoriser à la fin.

Dissertation en dehors de la France[modifier | modifier le code]

Le terme « dissertation » n'évoque pas le même exercice dans le monde anglo-saxon (dissertation en anglais désigne une thèse universitaire de 50 à 150 pages qui conclut habituellement le travail d'une ou plusieurs années universitaires). La dissertation a la réputation d'être un exercice formel parfois décrit comme artificiel et reconnu comme un exercice « cartésien ».

Les universités américaines et britanniques ne pratiquent pas la dissertation (au sens qu'elle a pris en France), elle est plutôt remplacée par des résumés de lecture, des notes critiques, des discussions et autres essais littéraires (généralement appelés papers). La dissertation existe également au Sénégal.[réf. souhaitée]

Histoire institutionnelle de la dissertation en France[modifier | modifier le code]

À l'origine de la dissertation se trouve la disputatio médiévale (débat rhétorique oral sur les auteurs)[1]. La dissertation en latin n'apparaît qu'au XVIIe siècle. Elle remplace dans les universités l'ancienne disputatio, ou discussion orale des thèses.

La dissertation littéraire française remplace le discours comme exercice scolaire à partir de 1885, où une réforme de l'enseignement supprime l'enseignement de la rhétorique (réforme de Gustave Lanson). La dissertation philosophique est en usage dans les lycées depuis 1864. Elle s'étend à partir de ce moment aux disciplines connexes.

Le genre de la dissertation s'impose dans l'enseignement en France vers 1955 et reste encore aujourd'hui l'exercice de base des khâgnes (classes préparatoires littéraires A/L et B/L), des concours de l'ENS, du CAPES, de l'agrégation, etc[2].

Un exercice dominant le système scolaire français[modifier | modifier le code]

En France, la dissertation est un exercice scolaire visant à développer les capacités réflexives d'un élève au long d'un processus analytique élaboré autour d'une problématique. Elle est proposée dans le secondaire et le supérieur.

Elle s'appuie sur un sujet, proposé généralement sous la forme :

  • d'une question générale ou d'une citation (en lettres et en philosophie)
  • d'une notion à analyser dans le temps et l'espace (en histoire et en géographie)
  • de mécanismes à expliquer et à commenter (en sciences économiques et sociales)
  • d'une simple phrase ou d'un mot, où le candidat doit réaliser un exposé structuré et illustré de schémas à partir d'une problématique qu'il a dégagé (en biologie, géologie, sciences de la vie, de la terre et de l'Univers).

Cet exercice est principalement en usage dans le monde francophone, et il joue un rôle prépondérant dans le secondaire et le recrutement de la fonction publique en France. En termes de fréquence d'utilisation dans le système éducatif, il peut se rapprocher du paper, la forme de rédaction la plus utilisée dans le monde anglo-saxon. Le paper et la dissertation sont toutefois deux exercices différents.

La dissertation dans le secondaire[modifier | modifier le code]

Avec le commentaire composé et l'écriture d'invention, la dissertation est l'un des trois exercices proposés à l'épreuve écrite de l'épreuve anticipée de français du baccalauréat français de première (technologique et général).

Il est également proposé à l'épreuve de philosophie du baccalauréat français : le candidat doit choisir entre deux sujets de dissertation et un sujet d'explication de texte. Il dispose de quatre heures pour le traiter.

Enfin, la dissertation est aussi proposée sous forme de sujet (accompagné de documents en terminale) en sciences économiques et sociales, ainsi qu'en histoire, où elle est appelée composition (à partir de la réforme du lycée, c'est-à-dire en 2012 pour la série S et en 2013 pour les séries ES et L).

La dissertation dans le supérieur et la fonction publique[modifier | modifier le code]

Au-delà du système secondaire, elle reste très employée dans le supérieur. La dissertation joue un rôle important dans les examens universitaires de premier et second cycle des facultés de lettres et sciences humaines, ainsi que dans les classes préparatoires aux grandes écoles, en particulier littéraires (concours des écoles normales supérieures) et commerciales.

Dans les filières scientifiques, la dissertation est un exercice particulièrement représenté pour les étudiants de Biologie ou de Géologie (plus particulièrement ceux se destinant aux concours du CAPES et de l'agrégation). Elle peut alors se présenter sous la forme d'une question qui peut regrouper plusieurs thèmes transversaux de biologie animale, végétale, cellulaire, moléculaire...

Elle sert dans les concours de recrutement de la fonction publique (épreuve de culture générale) et reste prépondérante en particulier dans le recrutement national des professeurs titulaires du secondaire (concours français du CAPES et de l'agrégation).

Les caractéristiques de la dissertation[modifier | modifier le code]

Dans le cycle collégien et lycéen, la dissertation est une argumentation sur un sujet ou une idée où l'élève doit être impartial dans son explication. En second temps, il faut se rappeler que la dissertation est une trace écrite où il faut défendre et réfuter le sujet en même temps.

Qu'elle soit littéraire, historique, géographique, économique ou philosophique, une dissertation reste composée de trois grands moments : l'introduction (avec exposition du sujet, contextualisation et déroulement d'une problématique), d'un développement (en deux ou trois parties) et d'une conclusion. Cette structure reste stable. Cependant, certaines conventions sont spécifiques aux matières ou institutions, comme l'écriture ou non de titres et sous-titres, le nombre de parties, ou le type de plan.

Critiques de la dissertation[modifier | modifier le code]

La dissertation telle que systématiquement et strictement appliquée dans le système scolaire est peu employée par les philosophes eux-mêmes. C'est en effet un exercice qui s'oppose spontanément au cours régulier de la pensée, en la « tordant » au service d'une problématique. En dépit de cet artifice « intellectuel », l'avantage de la dissertation est de forcer son « attention » à ne rien oublier du sujet proposé. Tous ses aspects doivent être couverts dans l'introduction et poser un problème. En effet, toute dissertation repose sur une problématique, qui est issue d'une réflexion méthodique préalable sur le sens du sujet.

Les critiques à l'encontre de la dissertation touchent soit à son formalisme soit à l'organisation et à la visée de l'enseignement (purement philosophique, ou bien parfois général) qui prévaut en France[3]. Il est toutefois rare de lire des critiques publiques contre cet exercice, tant il s'est imposé dans les esprits et dans les faits comme un standard - parfois mythifié - du système scolaire français et du recrutement de ses élites.

C. Lévi-Strauss, dans Tristes Tropiques, chapitre VI « Comment on devient ethnographe »[4], parle de la dissertation en ces termes : 

« Là, j’ai commencé à apprendre que tout problème, grave ou futile, peut être liquidé par l’application d’une méthode, toujours identique, qui consiste à opposer deux vues traditionnelles de la question ; à introduire la première par les justifications du sens commun, puis à les détruire au moyen de la seconde ; enfin à les renvoyer dos à dos grâce à une troisième qui révèle le caractère également partiel des deux autres, ramenées par des artifices de vocabulaire aux aspects complémentaires d’une même réalité :  forme et fond, contenant et contenu, être et paraître, continu et discontinu, essence et existence, etc. Ces exercices deviennent vite verbaux, fondés sur un art du calembour qui prendre la place de la réflexion ; les assonances entre les termes, les homophonies et les ambiguïtés fournissant progressivement la matière de ces coups de théâtres spéculatifs à l’ingéniosité desquels se reconnaissent les bons travaux philosophiques. 

Cinq années de Sorbonne se réduisaient à l’apprentissage de cette gymnastique dont les dangers sont pourtant manifestes. D’abord parce que le ressort de ces rétablissements est si simple qu’il n’existe par de problème qui ne puisse être abordé de cette façon. Pour préparer le concours et cette suprême épreuve, la leçon (qui consiste, après quelques heures de préparation, à traiter une question tirée au sort), mes camarades et moi nous proposions les sujets les plus extravagants. Je me faisais fort de mettre en dix minutes sur pied une conférence d'une heure, à solide charpente dialectique, sur la supériorité respective des autobus et des tramways. Non seulement la méthode fournit un passe-partout, mais elle incite à n'apercevoir dans la richesse des thèmes de réflexion qu'une forme unique, toujours semblable, à condition d'y apporter quelques correctifs élémentaires : un peu comme une musique qui se réduirait à une seule mélodie, dès qu'on a compris que celle-ci se lit tantôt en clé de sol et tantôt en clé de fa. De ce point de vue, l'enseignement philosophique exerçait l'intelligence en même temps qu'il desséchait l'esprit. »

Plan type[modifier | modifier le code]

L'introduction et la problématique[modifier | modifier le code]

Le rôle de l'introduction est d'exposer et de contextualiser tous les sens du sujet proposé. L'introduction se décompose en cinq temps – parfois regroupés dans un seul et même paragraphe, selon les enseignants et les disciplines :

  • L'accroche, ou sujet amené : il s’agit d’une phrase introductive générale ayant un rapport direct avec le sujet. Elle rappelle le contexte dans lequel la problématique a pu évoluer ou l’actualité de la thématique. Qu'est-ce qui peut nous amener à nous poser la question formulée dans le libellé ? On peut partir d'une observation, d'une opinion commune, d'un fait historique, de données scientifiques...
  • La définition du problème posé : énonce l'enjeu du dossier ou sa problématique. Il s’agit d’en définir les termes-clefs, d'analyser le sujet, c'est-à-dire littéralement de le décomposer afin de donner le ou les sens des différents termes qu'il comprend : article, pronom personnel, articulations, concepts…..
  • Dimension du sujet : cela revient à situer historiquement et géographiquement le sujet, de montrer l’intérêt et les limites du sujet – jusqu’où il sera traité et ce qui ne sera pas traité, après l’avoir bien évidemment valablement motivé.
  • L'idée générale, ou thèse : suit la phase de problématisation du sujet à proprement parler, où l'élève doit expliquer en quoi, pourquoi et comment la question posée évoque un problème, et pourquoi sa résolution est cruciale. Elle constitue la colonne vertébrale de la dissertation. Elle revient à reformuler le sujet posé.
  • L'annonce du plan, sujet divisé : elle annonce les grandes parties de la structuration proposée. Les correcteurs accordent toujours une importance capitale à cette dernière phrase : elle lui permet de comprendre rapidement la logique du raisonnement. Néanmoins, il est recommandé d’éviter le formalisme scolaire « dans un premier temps », « la présente note abordera ». Il convient de construire une à deux phrases qui rendent compte de la structure de son raisonnement. Ainsi, est-il classique d'utiliser « le balancement circonspect » : Si le territoire régional parait le plus approprié pour faire face aux défis du monde moderne, comme le territoire communal le plus proche à répondre aux besoins des citoyens (I), le département, qui a vu son rôle se renforcer ces dernières années, demeure-t-il toujours d’actualité ? (II)

Le développement du corps de la dissertation[modifier | modifier le code]

Le corps de la dissertation se compose généralement de deux, trois (dans l'idéal) ou quatre grandes parties, chacune subdivisée en deux, trois ou quatre sous-parties. Chaque partie et sous-partie devant être introduite, chaque sous-partie doit comporter une présentation de l'argument, une explication de l'argument, une présentation d'un fondement et une conclusion partielle.

Conclusion[modifier | modifier le code]

La conclusion d'une dissertation se décompose généralement de deux parties. La première est la plus importante et résume l'ensemble des idées exprimées dans la dissertation. La conclusion se termine généralement par une courte ouverture sur un thème annexe du sujet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Dissertation sociologique, Armand Colin (Collection Cursus), 2000, (ISBN 2200251041)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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